Dans la zone nord-américaine, nous avons à affronter un problème à
chaque période froide : la condensation. Ce phénomène, qui en plus de
nuire à la visibilité dans les vitres des portes et des fenêtres, est
causé par la présence d'une trop grande partie de vapeur d'eau dans
l'atmosphère intérieur de la maison. Un certain niveau d'humidité est
nécessaire au confort et à la santé des occupants, mais un contrôle de
ce niveau doit être observé pour éviter les problèmes de condensation
en surface. Dans le cas d'une maison rénovée au point de vue de la
fenestration, le problème des fuites d'air est réglé mais un nouveau
problème peut parfois surgir; celui de l'humidité.
Vous
trouverez réunies dans le tableau ci-dessous, les données de
températures extérieures correspondantes au niveau de l'humidité
relative, et ce, afin d'éviter les problèmes de condensation.
| Température extérieure |
Humidité relative intérieure |
| - 28°C |
ou |
moins |
| - 28°C |
à |
- 23°C |
| - 22°C |
à |
- 17°C |
| - 16°C |
à |
- 12°C |
| - 11°C |
à |
- 6°C |
| - 5°C |
à |
- 4°C | |
| Pas plus de 15 % |
| Pas plus de 20 % |
| Pas plus de 25 % |
| Pas plus de 30 % |
| Pas plus de 35 % |
| Pas plus de 40 % | |
Si
vous pouvez réduire l'humidité aux degrés indiqués ci-dessus, cela
pourra vous aider à résoudre les problèmes ennuyeux de condensation en
surface.
LES TECHNIQUE DE PRÉVENTION
La réduction ou
l'élimination de la condensation nécessite souvent la contribution de
plusieurs techniques qui se complémentent. Les méthodes de réduction ou
d'élimination visent donc le produit à l'étude (fenêtres et portes),
les dispositifs de protection intérieur (rideau, store et valence),
l'humidité relative de l'air ambiant ainsi que la pression intérieur
par rapport à l'extérieur.
1-Dispositifs de protection intérieure
Pour
maintenir l'indice de température du produit ou son niveau de
performance vis-à-vis la résistance à la condensation, les dispositifs
de protection intérieure ne doivent pas empêcher ou restreindre le
mouvement d'air sur la surface intérieure du produit. Toute restriction
du mouvement d'air aura pour effet de réduire l'indice de température.
Le schéma ci-dessous illustre les diverses techniques d'installation à
éviter, passables et recommandées.
[IMG]
2-Contrôle de l'humidité relative de l'air ambiant
Le
remplacement des anciennes fenêtres par des nouvelles fenêtres beaucoup
plus performantes implique généralement une amélioration notable de
l'étanchéité à l'air de l'enveloppe du bâtiment, d'où une économie
d'énergie substantielle et l'amélioration du confort des occupants.
Néanmoins,
quand les habitudes demeurent inchangées vis-à-vis le taux de
génération de vapeur dans la maison (douches, bains, activités
culinaires, plantes, etc.) et qu'il y a réduction drastique du taux de
changement d'air, il est possible que l'humidité relative résultante
durant certaines périodes de l'hiver excède la valeur de calcul ou de
conception, d'où la possibilité de condensation sur la face intérieure
des fenêtres. Lorsque la fréquence de condensation est faible (1 ou 2
fois pendant l'hiver), on peut réduire ou éliminer le problème en
ouvrant momentanément deux fenêtres localisées sur les murs opposés, ou
encore, de mettre en opération le ou les ventilateurs d'extraction de
la cuisine ou de la salle de bain. Par contre, dans le cas où la
fréquence d'apparition de condensation est jugée inacceptable, le
consommateur devrait opter pour l'installation d'un système de
ventilation.
3-Contrôle de la pression intérieure
Le
comportement des portes, des fenêtres et des autres composantes de
l'enveloppe d'un bâtiment sera influencé par la direction et
l'intensité de l'écart de pression exercé sur une composante donnée.
L'écart
de pression exercé sur une composante de l'enveloppe du bâtiment peut
être positif ( ), soit vers l'intérieur du bâtiment, ou négatif (-),
soit vers l'extérieur du bâtiment. Il se peut aussi que ça s'avère
neutre, c'est-à-dire sans écart de pression. Dans le premier cas ( ),
la composante visée sera assujettie à un taux d'infiltration qui
dépendra de l'air des ouvertures (fissures, fentes, etc.) et de
l'intensité de l'écart de pression. Dans le deuxième cas (-), la
composante visée sera assujettie à un taux d'exfiltration d'air qui
dépendra de l'air des ouvertures et de l'intensité de la pression. Dans
le troisième cas (neutre), il n'y aura aucun échange d'air entre
l'intérieur et l'extérieur du bâtiment. Évidemment, cette dernière
solution représente ce vers quoi on doit tendre puisque le comportement
des différentes composantes de l'enveloppe sera idéal. Néanmoins, le
contrôle d'un écart de pression nul à travers toutes les composantes
est pratiquement impossible à réaliser, d'où l'importance de connaître
les effets indésirables associés aux fuites d'air traversant
l'enveloppe du bâtiment.
4-Effets associés à l'infiltration d'air
Le
schéma ci?dessous illustre une fenêtre coulissante type, soumise à
l'action d'un écart de pression positif ( ), soit à l'infiltration
d'air. Cet écart de pression peut provenir de l'action du vent, de
l'effet de cheminée, de la dépression causée par un ventilateur
d'extraction ou d'une combinaison des effets précédents.
[IMG]
5-Effets associés à l'exfiltration d'air
Le
schéma ci-dessous illustre la même fenêtre soumise à l'action d'un
écart négatif (-), soit à l'exfiltration d'air. Tout comme dans le cas
précédent, cet écart de pression peut provenir de l'action combiné des
différentes forces (vent, effet de cheminée, surpression causée par un
ventilateur d'alimentation).
[IMG]
Lorsque les parois sont
soumises à l'exfiltration d'air, on pourra observer les phénomènes
suivants soit l'air chaud et humide qui s'exfiltre contactera des
matériaux dont la température est de plus en plus basse à mesure
qu'elle progresse vers l'extérieur. Ces matériaux refroidiront l'air
et, avant d'atteindre l'extérieur du bâtiment, il y aura condensation
et/ou solidification (givre) de la vapeur d'eau sur et dans certains
éléments de l'enveloppe.
À titre d'exemple, on peut citer que
par temps froid on aura condensation de givre sur la face arrière d'un
parement de brique et la possibilité de condensation dans une partie de
l'isolation thermique. Autre exemple, on aura condensation
superficielle et/ou formation de givre sur la face intérieure de la
vitre extérieure.
La condensation et/ou formation de givre sur
ou dans certains éléments entraînera le problème suivant au niveau des
fenêtres, soit la perte de l'accès visuel vers l'extérieur du bâtiment
(fonction base). Autre problème est la difficulté ou l'impossibilité
d'ouvrir les châssis extérieurs par temps froid.
Le but de ce
document est donc de vous permettre de déceler, dans votre maison, les
signes et les causes probables d'humidité et de qualité de l'air liés à
l'humidité et ainsi vous proposer des solutions pratiques pour y
arriver. Il vous sera donc plus facile de prendre des actions sur les
solutions à apporter pour améliorer votre situation.